Post sur le « bonheur au travail »

Dimanche soir sur M6 nous a été servi un reportage au thème éloquent : le bonheur au travail.

Il y aurait de quoi interagir sur les 3 sujets proposés. Cependant celui qui m’a clairement interpelée est le dernier… Pour que les collaborateurs soient « heureux » (le terme a été employé plusieurs fois) dans leur travail, il est à la mode d’installer un babyfoot, un espace de sieste, de livrer chaque matin des fruits frais, et de missionner un « Chief Happiness Officer ».

Alors oui ces initiatives sont extrêmement séduisantes, évidemment. Chacun peut en apprécier les bienfaits en milieu professionnel.

Cependant je suis extrêmement gênée qu’à aucun moment le fond ne soit abordé

Puisqu’il s’agit de rendre les gens « heureux » dans leur travail, c’est que l’on constate par ailleurs qu’ils ne le sont pas.

Statistiquement c’est clair : 76% des français actifs considèrent qu’ils manquent de reconnaissance professionnelle (sur leurs résultats, leur implication, leur rémunération) et ils sont même 26% à être totalement désengagés (Etude Deloitte 2016). Est-ce là la seule réponse que nous pouvons apporter ? Réduire le nombre de bureau pour s’adapter à l’absentéisme dû en partie aux mauvaises pratiques managériales ?

Ne faudrait-il pas s’interroger sur la définition claire des missions de chacun ? Sur la bonne façon de fixer les objectifs ? Sur l’allocation des moyens appropriés pour mettre le collaborateur en réussite ? Sur le tutorat et l’accompagnement nécessaires ?

Bref sur l’optimisation du rôle du hiérarchique ?

A aucun moment tout cela n’est abordé alors qu’il s’agit d’apporter la satisfaction élémentaire à tout collaborateur. Comme si les structures essayaient de s’y soustraire par des subterfuges superficiels. D’autant qu’à aucun moment l’exemple des PME et filiales n’est évoqué, leur quotidien ne ressemble pas vraiment au train de vie des sièges des grands groupes à la Défense. Quid pour eux ? Et puis le « bonheur » c’est un ressenti personnel très subjectif non ?